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Humeur

“Contre la misère, on a des cache-misère, de la poudre aux yeux et un peu de ciel bleu”

Evidemment, les images d’Haïti dévasté, ne laissent personne insensible. Devant tant de malheur, de douleur on ne peut que compatir, vouloir aider et se sentir privilégiés dans notre France douillette.
Que le monde se mobilise, c’est bien la moindre des choses. Que Sarkozy joue les sauveurs en clamant qu’il va demander à Obama d’intervenir, c’est un peu ridicule. Surtout, que les Etats-Unis, de part leur proximité et leurs moyens sont les premiers et les plus efficaces sur le terrain. Les commentaires de ceux qui se méfient de cette prédominance américaine, cette fois indispensable, sont encore une fois indécents. Qu’ils fassent le maximum, que nous fassions le maximum, il en va de l’avenir d’un peuple, de la vie de millions d’hommes, de femmes et d’enfants. Il n’y a pas de guerre d’égo, qui tiennent quand il s’agit de sauver des vies.
Le commentaire de Besson comme quoi, il stoppe les expulsions vers Haïti, relève de la pour le moins de la vulgarité morale.
On aimerait que ce malheur donne une leçon au monde. Il ne suffit pas de pleurer des « larmes de crocodile », lorsque l’irréparable, c’est produit.
A Haïti, depuis des années, les habitants connaissent la misère, la violence et la mort, dans l’indifférence générale.
En Afghanistan, des femmes et des hommes meurent tous les jours, mais ce n’est pas suffisant pour que ce « bon Besson » décide de ne pas expulser.
La Palestine meurtrie, L’Iran blessé, L’Afrique malade du Sida, le Tibet désolé, la Birmanie dévastée et j’en oublie. Tous ces pays victimes de la pauvreté, du manque d’eau, de la dictature ou de la guerre doivent être présents dans notre esprit et l’on ne peut pas attendre un tremblement de terre, un tsunami ou un ouragan pour les aider.
Leurs ressortissants venus en France, ne peuvent pas être traités comme du bétail que l’on parque et que l’on expulse.
Le monde occidental ne peut pas se donner bonne conscience, une fois de temps en temps, lorsque l’horreur est trop grande et abandonner tous les autres en banalisant un malheur qui est inacceptable.
C’est bien beau de vouloir sauver la planète du réchauffement climatique, mais l’urgence n’est-elle pas celle des humains qui souffrent et qui meurent.
C’est bien beau, de pleurer sur un peuple damné et d’accepter que l’on renvoie à la mort, à la misère ou à la torture, des hommes et des femmes venus chercher un peu de paix en France.
Pour parodier Chavez, je dirais, si ces hommes et ses femmes étaient des banques on les aurait sauvés depuis longtemps.
Quand on voit les moyens déployés pour nous protéger d’une épidémie fantôme, on se demande comment est-il possible qu’on ne se mobilise pas contre la misère dans le monde et contre la misère en France?
Mais non, Madame et Messieurs, « contre la misère, on a des cache- misère, de la poudre aux yeux et un peu de ciel bleu ». C’est Dutronc, le désabusé qui le chante et il a tellement raison.

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