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Questions orales

Avenir du service public

M. Michel Françaix – À la demande du Président de la République, la commission Copé travaille depuis quelques semaines sur l’avenir de la télévision publique. Les socialistes en ont démissionné aujourd’hui…

M. Richard Mallié – On s’en fout !

M. Michel Françaix – …car les dés étaient pipés. Un peu naïvement sans doute, je croyais que notre réflexion portait prioritairement sur le sous financement chronique de la télévision publique – au bas mot 300 millions –, la création, l’indépendance, le pluralisme, le caractère fédérateur d’un service public fort, les contenus, le « global media » et autres sujets potentiellement consensuels.

M. Jean-François Copé – Mais oui !

M. Michel Françaix – Les propos du Président de la République nous ont fait comprendre que nous étions sommés de tuer France Télévisions plutôt que de trouver des moyens de la guérir ! Le service public sera en effet privé des 900 millions de recettes publicitaires, qu’il n’est pas prévu de compenser par une hausse de la redevance – et il est heureux de constater au passage que le Président de la République semble enfin prendre acte de la baisse du pouvoir d’achat des Français. Le manque à gagner ne sera pas davantage comblé par l’addition de nouvelles taxes, petit rafistolage qui n’est pas à la hauteur des enjeux.

Monsieur le Premier ministre, êtes-vous conscient que la suppression définitive de la publicité dans l’audiovisuel public, au profit des chaînes privées avec une deuxième coupure au sein des programmes, est une fausse bonne idée ?

M. Michel Françaix – Au-delà de la télévision, la presse écrite elle-même sera affectée par cette décision : le tiroir-caisse pour les uns, le tocsin pour les autres !

Et ce n’est pas la méthode « Coué-Copé », pour habile qu’elle soit, qui nous permettra d’avancer sur l’avenir de la télévision publique et de la création. Le sort des producteurs, des scénaristes et des salariés de France Télévisions vaut mieux que les mouvements d’humeur du Président de la République vis-à-vis du président Copé ! (Murmures sur les bancs du groupe UMP) Ne comptez pas sur nous pour affaiblir le service public de l’audiovisuel. Ne comptez pas sur nous pour accélérer la « Berlusconisation » des esprits ! (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC)

Mme Christine Albanel, ministre de la culture et de la communication – Depuis le mois de février, la commission Copé a accompli un travail formidable ! (Exclamations) Elle s’est penchée sur les contenus et a formulé des propositions intéressantes : suppression partielle de la publicité, création d’une nouvelle structure à l’image de Radio France, avec des antennes clairement identifiées, pistes de financement. Sur ce dernier point, il apparaît que les 450 millions nécessaires pour compenser la perte des recettes publicitaires peuvent être trouvés et le seront. Notre volonté n’est pas d’affaiblir l’audiovisuel public mais, au contraire, d’affirmer son identité (« Très bien ! » sur les bancs du groupe UMP). Les pistes de financement sont désormais connues : un petit prélèvement sur les TELCO et la taxation des chaînes privées qui bénéficient des transferts. Quant à l’augmentation de la redevance, chacun sait que si les professionnels y sont favorables, les Français, eux, sont résolument contre…

M. Jean-François Copé – Elle a raison !

Mme Christine Albanel, ministre de la culture – C’est de cet état de fait que le Président de la République a pris acte (Interruptions sur les bancs du groupe SRC).

Il convient que les transferts puissent s’effectuer vers les chaînes privées, celles de la TNT, la radio et la presse écrite. D’où la nécessité d’ouvrir de nouvelles fenêtres dans le cadre de la transposition de la directive.

Il nous faut un audiovisuel public fort, à l’identité bien marquée, ainsi qu’un audiovisuel privé qui se porte bien pour pouvoir soutenir notre création et notre production. Je regrette que vous ayez quitté la commission Copé pour de mauvaises raisons (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP).

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